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Aventures nautiques avec des lunettes : comment ne plus partir à l’aveugle

Océane Delmare 4 min de lecture
Aventures nautiques avec des lunettes : comment ne plus partir à l'aveugle

Aventures nautiques avec des lunettes : comment ne plus partir à l’aveugle

Sur une planche, dans un kayak ou au fond d’une crique, il y a ceux qui voient tout et ceux qui devinent. Si vous portez des lunettes, vous savez de quel côté vous êtes. La sortie commence bien, puis vient le moment de les retirer, et le paysage se transforme en aquarelle. Bonne nouvelle : ce n’est plus une fatalité, et quelques réglages suffisent à changer complètement l’expérience.

Surf, pagaie, plongée : trois sports, trois problèmes de vue

En surf, le défi est de lire la houle. Un myope repère mal les séries qui arrivent au large et se positionne trop tard. Beaucoup surfent sans correction par habitude, sans réaliser à quel point ils compensent en permanence. Les lentilles journalières sont une option, à condition d’accepter le risque de les perdre au premier wipe-out et d’éviter tout contact prolongé avec l’eau de mer.

En kayak ou en stand up paddle, on garde souvent ses lunettes. Le vrai sujet est de ne pas les offrir à la mer : un cordon flottant coûte trois fois rien et sauve une paire entière. Pensez aussi aux embruns, qui laissent un film de sel sur les verres. Un rinçage à l’eau douce au retour vaut mieux qu’un coin de t-shirt.

Sous l’eau, en revanche, impossible de tricher. Un masque de plongée posé sur des lunettes n’est pas étanche, et les lentilles se perdent vite si le masque se remplit. C’est là que la question de la correction devient centrale.

Sous la surface, tout est plus grand et plus proche

Derrière la vitre d’un masque, la lumière change de milieu et les objets paraissent environ un tiers plus grands et plus proches. Ce grossissement aide un peu les myopes légers, ce qui explique pourquoi certains affirment voir correctement sans correction. Mais dès qu’un astigmatisme s’en mêle, ou qu’il faut lire un ordinateur de plongée de près, l’illusion s’arrête. Un poisson se repère encore, une valeur de profondeur beaucoup moins.

Le masque à votre vue, une solution devenue simple

Pendant longtemps, équiper un masque de verres correcteurs relevait du parcours du combattant. Aujourd’hui, des opticiens spécialisés montent des verres taillés d’après votre ordonnance directement dans un masque de plongée ou des lunettes de natation de marque. C’est le cas de Masque à la Vue, le site de l’opticien Vision Concept, une activité née en 2009 en Normandie : vous choisissez votre masque, vous indiquez votre correction, et un opticien diplômé contrôle les valeurs avant de lancer la fabrication en atelier.

Ce type de montage couvre les myopes, les hypermétropes, les astigmates et les presbytes. Pour ces derniers, il existe même des verres progressifs adaptés à la plongée, pratiques pour lire ses instruments sans perdre la vision de loin. Comptez une dizaine à une vingtaine de jours de fabrication selon la correction, ce qui invite à anticiper avant un départ.

Notre check-list avant la prochaine sortie

Une ordonnance récente. Idéalement de moins de trois ans. Votre vue a pu évoluer depuis votre dernière paire, et une correction à jour fait toute la différence sous l’eau.

Un équipement adapté au sport principal. Le surfeur n’a pas les mêmes besoins que le plongeur. Inutile d’investir dans un masque corrigé si vous ne quittez jamais la surface.

Un plan B pour les lunettes. Cordon flottant, étui rigide dans le sac étanche, et jamais de lunettes posées sur le pont d’un bateau qui bouge.

Un rinçage systématique. Sel et sable usent tout, verres compris. Eau douce au retour, séchage à l’ombre.

L’aventure nautique est déjà assez riche en imprévus. Autant que la vue n’en fasse plus partie : voir net le récif, la vague ou la bouée de retour, c’est profiter pleinement de chaque sortie, et naviguer plus sereinement.

Océane Delmare
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